Guillaume d’Andlau

guillaume-dandlau
Guillaume d’Andlau : sa formation, son expérience professionnelle, ses engagements.

Diplômé de Science Po Paris et titulaire d’une licence en histoire et un DEA en sociologie du Droit, Guillaume d’Andlau poursuit son cursus universitaire dans une université américaine grâce à une bourse. A la Johns Hopkins il obtient un Master of Arts en Relations internationales. Ce cursus se déroule à Bologne et Washington DC.

Particulièrement intéressé par les questions économiques et politiques dans les pays les plus pauvres, il passe de la théorie à la pratique et commence sa carrière professionnelle au Laos comme chargé de mission au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)
A son retour en France à la fin des années 90, il s’associe à la création d’une agence de communication hors média à Issy-les-Moulineaux en région parisienne. A la suite du rachat de l’agence, il préfère voguer vers d’autres horizons.
C’est à ce moment qu’éclate le génocide rwandais. Il se porte volontaire pour partir en mission d’urgence. Envoyé par la Croix-Rouge française à Goma dans l’ex-Zaire, il participe à la gestion d’un camp de 150 000 personnes au sein de l’équipe internationale de la Croix Rouge. Il s’occupe plus particulièrement de la distribution de nourriture. A l’issue de cette courte mais très intense mission, la Croix-Rouge Française lui propose un poste. Il sera successivement responsable de programmes et délégué exécutif aux Opérations Internationales.
De cette expérience, lui permettra de rédiger un Que-Sais-je ? sur l’action humanitaire et d’enseigner à Sciences Po Strasbourg sur cette matière. Cet intérêt pour ce sujet l’amènera à être sélectionné pour suivre les cours de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN). Il a également été à de nombreuses occasions observateur électoral pour l’Union Européenne et l’OSCE en particulier à l’occasion des premières élections multi-raciales en Afrique du Sud.
L’Alsace le rattrape au début des années 2000. Il devient directeur du Conseil Economique et Social d’Alsace (CESA) à la Région Alsace ce qui lui permet d’avoir une fine connaissance du territoire, de ses acteurs et de ses enjeux. Pendant cette période il lui est proposé de suivre les cours de l’Institut des Hautes Etudes d’Aménagement du Territoire en Europe (IHEDATE). En 2006, Il rejoint le Crédit Agricole. Il sera entre autres en charge de la communication et de l’accompagnement au changement dans l’équipe-projet d’un des projets stratégiques du groupe : le regroupement de plusieurs entités du groupe, soit environ 10 000 collaborateurs, dans un nouveau siège social à Montrouge. Responsable des relations publiques et du mécénat du groupe Crédit Agricole il poursuit maintenant ses activités dans ce domaine en tant que consultant.
Homme de synthèse et d’analyse, Guillaume d’Andlau a écrit ou participé à la rédaction d’ouvrages qui font écho à ses expériences professionnelles et personnelles. Il a notamment publié deux livres sur les fêtes chez Fleurus édition et Casterman, un essai sur la Nation chez Gallimard
Récemment, il a coordonné et participé à la rédaction d’un livre sur le château d’Andlau au Verger Edition. Au-delà de l’histoire de ce site emblématique alsacien, cet ouvrage relate tous les projets qui s’y sont développés, dans le domaine de l’insertion sociale, de la formation ou de l’art contemporain. L’expérience de terrain, qu’il en a retirée,  l’a amené à créer en 2013 l’association Châteaux forts d’Alsace.
L’objectif de cette nouvelle structure est de mieux valoriser le travail associatif et public réalisé dans ces lieux pour les consolider et les sécuriser en les intégrant dans une démarche volontariste touristique, économique Il est à l’initiative du chemin des châteaux forts d’Alsace qui reliera cette année 80 châteaux sur 450 Km.
Ces engagements l’ont amené à rencontrer des associations de toutes tailles dans des domaines variés. La plupart sont portées par des bénévoles, passionnés et anonymes. La mosaïque est magnifique mais morcelée. Homme de vision et de lien, Guillaume d’Andlau a l’idée en 2009 d’une fondation territoriale pour mobiliser la générosité des alsaciens au service du territoire. Ce « circuit court du don » prend aujourd’hui tout son sens à un moment où le secteur associatif est appelé à jouer un rôle grandissant face à la multiplicité des besoins dans un contexte financier plus cadenacé. La Fondation Passions Alsace est la première fondation territoriale régionale en France. En 2015, il est élu au conseil d’administration du Centre Français des fondations pour représenter cette démarche de territoire au plus proche du terrain et des besoins.

Guillaume d’Andlau a 54 ans. Marié, père de trois filles, il est officier de l’ordre national du mérite, chevalier de la légion d’honneur, des arts et lettres.

Guillaume d’Andlau
Un homme engagé et libre

Quand tout jeune diplômé de Sciences Po Paris, il part au Laos avec les Nations Unies puis au Rwanda avec la Croix Rouge, Guillaume d’Andlau s’engage dans une quête. Dans ces années 80-90, il cherche déjà à donner du sens à sa vie, à ce qu’il accomplit. Cette quête passionnée du sens, comme un fil rouge, continue à guider chacune de ses actions. Au service de l’humanitaire, du patrimoine, du mécénat, de l’économie et maintenant de la politique.
Quand il évoque son parcours, les souvenirs lui reviennent. La faim, la pauvreté et la maladie au Laos. Les images terribles de la guerre au Rwanda. «Nous étions au début du génocide. Il fallait que j’y aille, je suis parti. On ne peut pas rester juste au balcon à observer», dit-il sobrement. Pendant des années, à la Croix Rouge Française, il se bat pour obtenir plus de moyens. Il réussit à faire augmenter de 70% les budgets en provenance de l’Union Européenne. Il gère la distribution alimentaire d’un camp de 250 000 réfugiés rwandais. Il cherche les financements pour renforcer les actions en Amérique du sud et Caraïbes.
De cette expérience, il acquière une conviction qu’il traduit par cette phrase originale : «I have a dream, yes we can, just do it». «Le rêve doit nous conduire», dit-il dans un sourire. Il faut aussi faire… Faire avancer les choses.

Au changement de présidence à la Croix Rouge Française, il quitte la structure. Il veut s’éloigner de Paris. Hasard de l’histoire, c’est à ce moment qu’un des murs d’enceinte du château familial, le château d’Andlau, s’effondre. Pour Guillaume d’Andlau qui est né dans l’Orne, a grandi à Paris, un nouveau défi se présente à lui. Il choisit de se rapprocher de l’Alsace. «Quand j’ai commencé à chercher du travail dans la région, je ne connaissais personne, même le château ne représentait pour moi qu’une gravure accrochée au mur de la chambre de mes parents, puis j’ai rencontré Adrien Zeller à la Maison de l’Alsace à Paris». Guillaume d’Andlau devient directeur du Conseil Economique et Social de la Région Alsace (CESA).

Il se consacre à la tâche avec passion. Il développe la notoriété du Cesa, l’installe dans le paysage alsacien. En même temps, il relève les ruines du château avec l’association des amis du château d’Andlau. Il le fait pour les livres d’histoire. Et pour des raisons bien plus intimes qu’il dévoile à mots couverts. Relever des ruines, c’est restaurer une mémoire et en filigrane se battre contre cette maladie d’Alzheimer qui détruit les souvenirs de sa mère.

Le château d’Andlau concentre cette recherche du sens qui le mène : «J’étais attiré par la possibilité de disposer d’un lieu pour organiser des expositions d’art contemporain, de croiser le patrimoine avec d’autres sujets, pour y mener des projets parfois singuliers, mais comme dans une entreprise, avec une stratégie, un plan, une gestion financière, sans oublier l’insertion sociale.»

Car s’il est châtelain, Guillaume d’Andlau reste avant tout un économiste et ne s’est jamais éloigné des réalités sociales. «J’ai expérimenté à titre personnel la recherche d’emploi, le CDD. Certes j’ai un nom qui me permet d’ouvrir des portes plus facilement. Mais je n’ai pas été épargné, je sais combien on devient vulnérable quand on est chômeur. Quand on est brusquement éjecté de la situation emploi-travail, il devient très difficile d’y rerentrer. Même les organisations syndicales travaillent pour les salariés et pas pour les chômeurs. Je sais la fragilité qui touche les gens à ce moment- là. Le chômage est une vraie gangrène».

Consacré «Monsieur patrimoine», Guillaume d’Andlau s’est maintenant totalement ancré dans le paysage alsacien. Pendant sept ans, il a partagé son temps entre Paris, son poste de responsable de la communication et du mécénat au Crédit Agricole, et l’Alsace où il habite. Il a quitté ce poste en 2012 pour créer sa propre société de consultant.

Il se consacre à cette terre d’Alsace qui est redevenue sienne. Il préside la Fondation Passions Alsace qu’il a créée. «Nous sommes la première fondation territoriale régionale en France. Nous soutenons sur notre territoire des gens fascinants qui sont engagés dans les associations locales. Je croise avec émotion des gens d’horizons divers que je n’aurai jamais croisés dans la vie de tous les jours où tout est cloisonné, surtout dans les grandes villes. Ils sont passionnés, alimentent ma curiosité. Avec la Fondation, nous les aidons à passer du rêve à l’acte. Car ils véhiculent un incroyable optimisme. Ils sont dans l’action. Ils se battent pour quelque chose qui dépasse leur propre intérêt».

Un credo que Guillaume d’Andlau a toujours appliqué et qui le guide dans son nouvel engagement en politique : «L’associatif c’est déjà la vie de la cité, de la politique au sens noble du terme, celle qui conduit à du concret.»

En 2016, lors des élections législatives partielles, il a pu éprouver sur le terrain la portée de ses idées. Son message porte ses fruits. Sa candidature remporte 5,97% des voix : «On me prédisait un résultat à 1%. Mais en fait je répondais à un besoin. Face au délitement du monde politique, je me suis élevé contre le système des petits arrangements. Car comment apporter des changements, renouveler un système si celui-ci se reproduit lui-même ?».

 

Il n’avait pas pour objectif de faire une carrière en politique, il se présente comme un «homme libre», avant tout soucieux de l’intérêt général. Une démarche en totale cohérence avec l’engagement qui l’a conduit sa vie entière.